Robbyant, filiale d’intelligence artificielle incarnée d’Ant Group, a signé un protocole d’accord avec la Fédération Arabe pour l’Économie Numérique (AFDE) pour déployer, adapter au marché local et commercialiser ses robots et modèles d’IA aux Émirats arabes unis, dans les autres pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et dans d’autres marchés du Moyen-Orient. L’annonce a été diffusée le 28/09/2026 à Shanghaï.
Les clés de l’accord entre Robbyant et l’AFDE en 20 secondes
- Il s’agit d’un protocole d’accord, non d’un contrat d’approvisionnement.
- Il couvre cinq axes : déploiement commercial, pilotes sectoriels, adaptation à l’arabe, données et modèles, relations avec les institutions et entreprises.
- L’Émirats arabes unis est le premier marché mentionné ; le reste des pays reste à préciser.
- Aucun montant, délais ou clients n’a été communiqué.
Les signataires du document sont Ayman Ghoneim, secrétaire général adjoint de l’AFDE, et Yu Liang, responsable commercial de Robbyant. Le communiqué de presse, diffusé par Ant Group via Business Wire, n’inclut pas de déclarations de leur part ni de détails sur les engagements précis de chaque partie. Il évoque un « mécanisme structuré » pour stimuler l’adoption de l’IA incarnée dans la région, une expression qui traduit plutôt une intention de collaboration qu’un calendrier précis de déploiement.
L’IA incarnée (embodied AI en anglais) désigne celle qui ne se limite pas à un écran : elle commande des robots qui voient, se déplacent et manipulent des objets en environnements réels. C’est un domaine partagé par d’autres entreprises, aussi appelé IA physique, qui attire beaucoup de capitaux cette année, comme l’a analysé la revue Cloud, soulignant que la robotique a levé 18,8 milliards de dollars en 2026.
Cinq axes de collaboration, encore à préciser
Le protocole s’articule en cinq parties. La première concerne le déploiement et la commercialisation des technologies, modèles et solutions robotiques de Robbyant aux Émirats et dans « d’autres marchés du Moyen-Orient à convenir », laissant la liste des pays ouverte.
La deuxième porte sur des tests de faisabilité et des pilotes conjoints. La note évoque un large éventail de secteurs : hôtellerie, commerce, immobilier, logistique, industrie, villes intelligentes, santé, loisirs et services d’orientation. Le mot utilisé est « explorer », ce qui signifie qu’aucun pilote précis n’a encore été annoncé avec un nom ou une description concrète.
La troisième concerne la localisation : adapter les robots pour qu’ils interagissent en arabe et s’intègrent aux environnements, flux de travail, exigences culturelles et besoins des clients dans la région. C’est probablement la dimension la plus tangible de l’accord, car un robot de service qui ne fonctionne qu’en chinois ou en anglais aurait un parcours limité au Golfe.
Le quatrième volet est plus sensible. Les deux parties envisagent de collaborer sur les données et la formation de modèles d’IA physique dans des environnements réels du Moyen-Orient, mais la note précise que cela dépendra de la législation en vigueur, de l’autorisation des clients et de « futurs accords définitifs séparés ». Autrement dit, la collecte de données réelles, qui alimente ce type de modèles, n’est pas encore arrêtée avec ce document.
Le cinquième point concerne la construction d’une communauté avec des acteurs publics et privés pour accélérer l’adoption de la technologie dans la région.
L’AFDE n’achète pas de robots : elle ouvre des portes institutionnelles
Il est utile de comprendre qui signe de l’autre côté. La Fédération Arabe pour l’Économie Numérique, créée en avril 2018 par le Conseil de l’Union Économique Arabe, dépend de la Ligue Arabe, et a son siège à Abu Dabi. Selon son site, c’est une entité à but non lucratif dédiée à la planification stratégique, aux initiatives législatives et à la négociation d’accords de coopération, sans activité commerciale directe.
Ce détail permet d’interpréter l’annonce à sa juste valeur : l’AFDE n’est pas un client qui installera des robots dans ses bureaux, mais un interlocuteur ayant accès aux gouvernements et organismes de la région. La valeur du protocole pour Robbyant dépendra du fait que ce réseau de contacts se traduise en contrats avec des hôtels, logistiques, chaînes commerciales ou administrations, ce que le communiqué n’anticipe pas encore.
Selon le communiqué, l’AFDE a choisi Robbyant pour ses capacités technologiques « clés en main » en IA incarnée. C’est la valorisation que présente le communiqué d’Ant Group, sans évaluation indépendante.
LingBot 2.0 et une plateforme cloud toujours sans calendrier
La série de présentation de Robbyant est le LingBot 2.0, lancée en juillet 2026. Elle regroupe six modèles : LingBot-Depth 2.0, LingBot-Vision, LingBot-VLA 2.0, LingBot-World 2.0, LingBot-Video et LingBot-VA 2.0. La société la présente comme un « cerveau universel » dédié à la perception, à la simulation de l’environnement et à l’exécution d’actions.
Le modèle qui se distingue est LingBot-VLA 2.0, un modèle vision, langage et action (VLA), capable de traduire ce que le robot voit et ce qu’on lui demande en mouvements précis. Selon Robbyant, son préentraînement intègre déjà 20 types de robots issus de 17 marques de matériel différent. Cette compatibilité multi-fournisseurs est importante pour un déploiement régional, car elle permet d’éviter d’attacher le client à un seul modèle, même si ce chiffre provient de l’entreprise elle-même.
Robbyant prépare également une plateforme de développement en cloud pour créer, évaluer et déployer des modèles d’IA incarnée. La note indique qu’elle est en « préparation de lancement », sans date ni détails concernant l’hébergement ou la commercialisation.
Concernant les déploiements concrets, la société évoque des pharmacies, des centres logistiques et l’alimentation de machines en environnements industriels. Un exemple précis est une solution de « pharmacie intelligente » développée avec la chaîne chinoise Guo Da Drugstore, basée sur LingBot 2.0. Ant Group affirme que cette solution a considérablement amélioré l’efficience opérationnelle, notamment en heures de pointe et de nuit, mais ne fournit pas de chiffres précis pour mesurer cette amélioration.
À long terme, Robbyant souhaite créer des robots d’accompagnement et de soin pour des missions comme l’aide aux personnes âgées, l’assistance médicale ou les tâches domestiques. Le protocole avec l’AFDE indique, pour l’instant, une orientation plus commerciale et orientée service au public, où l’adaptation à l’arabe et aux processus locaux sera aussi cruciale que la technologie elle-même.
Foire aux questions
Qu’est-ce que Robbyant ?
C’est la filiale d’intelligence artificielle incarnée d’Ant Group. Elle développe des modèles fondamentaux pour robots, comme la série LingBot 2.0, et travaille sur de nouveaux dispositifs intelligents.
L’accord avec l’AFDE implique-t-il des ventes de robots au Moyen-Orient ?
Pas directement. Il s’agit d’un protocole d’accord pour encourager déploiements, pilotes et adaptation locale, sans montant, clients ni échéances précis communiqués.
Qu’est-ce que la Fédération Arabe pour l’Économie Numérique ?
C’est un organisme créé en 2018 par le Conseil de l’Union Économique Arabe, dépendant de la Ligue Arabe, basé à Abu Dabi. Elle travaille en stratégie et coopération dans l’économie numérique, sans activité commerciale directe.
Quels secteurs pourraient tester ces robots ?
La note mentionne l’hôtellerie, le commerce, l’immobilier, la logistique, l’industrie, les villes intelligentes, la santé et les loisirs, toujours comme pilotes potentiels à explorer.
Sources :
